Déclaration du Groupe pour la construction du Parti Ouvrier Révolutionnaire, de l'Internationale Ouvrière Révolutionnaire
Le gouvernement israélien Lieberman-Netanyahu, gouvernement d'égorgeurs, mène une offensive militaire de grande ampleur contre la bande de Gaza et sa population : les frappes aériennes se comptent d'ores et déjà par centaines, provoquant des dégâts massifs, des dizaines de morts, des centaines de blessés. Une offensive terrestre est programmée, avec la mobilisation de milliers de réservistes.
Ce gouvernement, élu au lendemain du massacre de plus de 1500 Gazaouis, en janvier 2009, entend ainsi renouveler l'opération qui lui a permis d'accéder au pouvoir.
Cette tuerie exprime la nature même de l'État d'Israël : État colonial, raciste et criminel, fondé sur la spoliation et le massacre continu des masses palestiniennes depuis des décennies. Les roquettes dérisoires expédiées au hasard par les milices palestiniennes n'ont rien à y voir, sinon en ceci qu'Israël voudrait que les Palestiniens se laissent abattre sans même résister.
Israël agit aussi au compte de l' « ordre » impérialiste dans toute la région : près de deux ans après le déferlement d'une vague révolutionnaire en Afrique du Nord et au Proche-Orient, vague qui a reflué sans aboutir au renversement des appareils d'État dictatoriaux, Tsahal, gendarme de l'impérialisme, entend réaffirmer cet « ordre » dans le sang.
À Washington, à l'ONU, à Paris, comme ils l'ont fait en 2009, les dirigeants des puissances impérialistes affirment tous en choeur un prétendu « droit d'Israël à se défendre ». Dans le même temps, ils « condamnent » les répliques des milices palestiniennes, sommant les Palestiniens d'abandonner toute résistance. Les armes israéliennes sont payées grâce à ce soutien : le premier mandat d'Obama a été marqué par le dépassement de Bush en matière de subventions à Tsahal, tandis que l'Union européenne a renforcé son accord d'association avec Israël.
Le nouveau fantoche égyptien Morsi et ses homologues « arabes » n'ont pas d'autre politique, quoiqu'il en soit de leurs déclarations tonitruantes visant à leurrer les masses de leurs pays. Ainsi, le gouvernement égyptien, qui perçoit des subventions américaines, a-t-il fermé provisoirement son ambassade à Tel Aviv... mais il maintient le blocus de Gaza, instauré par Moubarak, que Morsi a encore renforcé.
Israël, puissances impérialistes, roitelets du Golfe et fantoches du Moyen-Orient travaillent main dans la main à une mise sous tutelle de la Syrie. Ainsi Hollande, président de l'ancienne métropole coloniale en Syrie, vient-il d'accorder une « ambassade » aux milices syriennes armées par l'Arabie Saoudite... quinze jours après avoir invité Netanyahu à Paris. Il rivalise de convoitise avec Erdogan, premier ministre du gouvernement turc, sous la tutelle d'une armée nostalgique de l'empire ottoman.
Ce que leur « intervention » dans la région peut valoir aux masses, fût-elle organisée au nom de la lutte contre un dictateur, il n'y a pour le savoir qu'à penser au triste sort de la Libye. Rien de bon ne peut être attendu ou espéré d'eux.
Dans le communiqué du 16 novembre appelant à des rassemblements, les organisations réunies au sein d'un "collectif national pour une paix jute et durable entre palestiniens et israéliens" nous disent qu'il faudrait s'adresse à Hollande, à la "communauté internationale" et leur demander de « faire pression sur Israël afin que cedéferlement de violence meurtrière cesse, qu’Israël lève immédiatement le blocus de la bande de Gaza et réponde positivement à la légitime demande palestinienne d’adhésion à l’ONU. » Il s'agirait, disent-ils encore, de « préserver les chances de la paix »
Mais le nouveau massacre organisé par Israël prolonge des dizaines d'années de reculs infligés aux masses palestiniennes au nom du prétendu « processus de paix ». C'est le bilan des accords d'Oslo/Washington ratifiés par l'OLP, qui ont abouti à la liquidation du mouvement nationaliste palestinien dans une « Autorité palestinienne » désormais en miettes. Même dans ces conditions, les deux morceaux de cette « Autorité » continuent de jouer le rôle de police auxiliaire et d'administration des ghettos, dans l'espoir de retrouver une place à la « table des négociations »... où Israël déclare ne rien vouloir négocier, sinon de nouvelles capitulations.
Les dernières gesticulations du Fatah au sein de l'ONU dressent précisément le bilan de ce « processus » : alors que le Fatah se borne à mendier la « reconnaissance » d'un « État palestinien » réduit à quelques lambeaux de territoire – ce qui revient à demander... l'application des résolutions de l'ONU instaurant l'État d'Israël – les puissances impérialistes estiment qu'elles n'ont même plus besoin de soutenir cette supercherie.
Leur « droit international » n'est qu'une mystification, leurs « Nations Unies » ne sont qu'une « caverne de brigands » (Lénine). Parler de « paix » entre oppresseurs et opprimés revient à laisser les mains libres aux oppresseurs : pour le peuple palestinien, aucune issue ne peut être ouverte sans remettre en cause l'État d'Israël qui les spolie et les massacre.
Parmi les travailleurs, les jeunes qui se sont mobilisés par dizaines de milliers en janvier 2009 pour exprimer leur rage contre l'opération « Plomb durci », personne, depuis longtemps, ne croit plus aux suppliques adressées aux impérialistes.
C'est au mouvement ouvrier, partis et syndicats, qu'il revient de leur ouvrir une perspective.
Qu'ils se prononcent sans préalable :
En lieu et place de rassemblements épars :
Le 17 novembre 2012.