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VIOLENTE RÉPRESSION CONTRE LES ENSEIGNANTS CONTRACTUELS AU MAROC : CRAINTE DE LA CONTAGION DU HIRAK ALGÉRIEN ?

Manifestement, un vent de panique secoue le royaume du Maroc. Face à la mobilisation des enseignants contractuels qui luttent contre la privatisation du système éducatif, et pour leur titularisation, le régime marocain n’a d’autre issue que de recourir à la répression. Le 23 mars alors qu’ils étaient des milliers à manifester devant le parlement, et qu’ils étaient résolus à y rester, les forces de répression du régime les ont chargés avec des canons à eau et des lacrymogènes. Ce mouvement qui a débuté il y a plusieurs semaines avait donné lieu à des manifestations massives. Le journal Jeune Afrique fait état des slogans qui avaient été lancés lors des ces manifestations, et notamment le 20 février . Il relatait :

« Le débrayage initié par la Coordination nationale des enseignants contractuels a tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre, ce mercredi 20 février. Un prélude aux marches annoncées le 24 février dans différentes villes du royaume.

Gouvernement mafieux ! Révolu le temps de la servilité ! c’est l’ère du boycott ! ; liberté pour les détenus politiques ! ; Justice, dignité et équité sociale !… les slogans et pancartes soulevés par les enseignants contractuels du secteur public, en grève ce 20 février, avaient plus une connotation politique que de simples revendications sectorielles.

C’est que cette action de contestation, initialement organisée par la « Coordination nationale des enseignants contractuels », a pris de l’ampleur. Des milliers d’enseignants ce sont joints à cette marche, au point que le flux humain a bloqué la circulation au niveau du pont Hassan II qui relie Rabat à Salé – et ce avant même le démarrage effectif du sit-in.

Au fil des heures, les manifestants ont décidé de se diriger vers la présidence du gouvernement, obligeant les forces de l’ordre à intervenir. Ils ont même eu recours à des canons à eau pour disperser le cortège , relate un des participants.

La date du 20 février avait symboliquement été retenue en lien avec l’anniversaire du début des révolutions tunisiennes et égyptienne.

Le 23 mars ils étaient donc des milliers à se rassembler et avaient décidé de rester aux abords du parlement.

Selon France 24 :

Plus de 10 000 jeunes contractuels marocains ont à nouveau manifesté, dimanche, dans le centre-ville de Rabat. Ces enseignants, en grève depuis trois semaines, protestent contre la précarité de leur statut et leurs conditions de travail.

Nouvelle manifestation de grande ampleur à Rabat, au Maroc. Plus de 10 000 enseignants marocains ont manifesté, dimanche 24 mars, dans la capitale en faveur d'une revalorisation de leurs conditions de travail et de leur statut, a rapporté un témoin.

Le cortège des manifestants, mobilisés à l'initiative d'une coalition de formations de gauche, des syndicats et des organisations de la société civile, s'est ébranlé dans le calme devant le ministère de l'Éducation, d'où les enseignants comptaient se diriger vers la place devant le Parlement.

Quelques heures plus tôt, dans la nuit, la police avait fait usage de canons à eau pour disperser un précédent rassemblement de milliers de jeunes enseignants.

Primes, retraite

Quinze mille enseignants avaient manifesté samedi soir devant le Parlement, où ils comptaient passer la nuit. Des policiers en tenue anti-émeute étaient intervenus après l'échec de négociations avec des représentants des enseignants pour obtenir qu'ils quittent les lieux.

Les enseignants sont en grève depuis trois semaines dans l'ensemble du royaume. Certains disent protester contre les contrats en vertu desquels ils ont été recrutés, et réclament des primes complètes et des retraites au même niveau que les autres fonctionnaires.

Sur les 240 000 enseignants que compte le pays, 55 000 ont été embauchés depuis 2016 en vertu d'une nouvelle forme de contrats.

Ainsi, face aux enseignants qui se battent pour leurs conditions de travail, leur titularisation, le Royaume n’a d’autre solution que la répression.

L’impulsion donnée par la mobilisation en Algérie fait craindre au régime Marocain une contagion qui pourrait mettre à bas la monarchie ; une monarchie qui en matière de répression, ne fait pas dans l’amateurisme, comme elle l’a montré face aux mobilisations de masse dans le Rif.

Mais tôt ou tard, à l’image de ce qui se passe en Algérie les travailleurs Marocains se lèveront en masse aux cris de :

La monarchie dégage !!!!

le 25 mars 2019

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