Depuis le 18 novembre, par dizaines de milliers, les jeunes, les travailleurs d'Égypte ont repris la place Tahrir au centre du Caire. Ils combattent pour renverser le Conseil Suprême des Forces Armées, émanation de l'Etat major qui conserve le pouvoir entre ses mains, neuf mois après la chute du dictateur Moubarak. Des manifestations éclatent dans les autres villes du pays.
Les insurgés égyptiens se heurtent à la répression sanglante de la police et de l'armée : les blessés se comptent par milliers, les morts par dizaines. Les balles, les gaz utilisés contre eux ont été acheminés depuis les métropoles impérialistes, notamment les Etats-Unis.
Ce sont les mêmes forces, celles de l'appareil d'Etat issu de la dictature, qui massacrent travailleurs et jeunes... et organisent dans le même temps la prétendue « transition démocratique » ! Depuis la chute de Moubarak, le CSFA n'a cessé de combattre les revendications des masses égyptiennes. Aux grèves ouvrières et étudiantes, il oppose mesures anti-grèves, et répression. Il fait évacuer régulièrement la place Tahrir. Il « relaxe » les tenants de l'ancien régime... tandis qu'il arrête et fait condamner en masse militants, manifestants et jeunes. Il organise en sous- main provocations et attentats, notamment à l'encontre de la minorité copte. C'est encore lui qui, en septembre, a défendu l'ambassade d'Israël - Etat qui menace aujourd'hui d'envahir le Sinaï !
Voilà pourquoi travailleurs et jeunes refusent de cautionner les « élections »-bidon annoncées pour le 28 novembre : ces élections n'ont pour objectif que de réaffirmer l'emprise de l'appareil d'Etat dictatorial, flanqué au besoin des islamistes, sur le pays.
C'est au compte des métropoles impérialistes que l'armée cherche à maintenir son « ordre » dictatorial. L'armée égyptienne bénéficie d'une subvention annuelle américaine de 1,3 milliard de dollars pour maintenir cela, garantissant le pillage et l'exploitation du pays par les grands groupes capitalistes. Garantissant, également, la colonisation permanente de la Palestine par Israël, « gendarme » des impérialistes au Proche- Orient, et l'enfermement des Gazaouis dans un ghetto à ciel ouvert.
Voilà qui éclaire l'hypocrisie criminelle du gouvernement Sarkozy-Fillon, promoteur de la charia en Libye, qui soutient de fait les militaires d'Égypte : « La France lance un appel aux autorités et à tous les Égyptiens pour que le scrutin se déroule dans les meilleures conditions et en particulier dans la paix civile » (point de presse du Quai d'Orsay, 24/11).
Le 22 novembre, les travailleurs et la jeunesse rassemblée sur la place Tahrir ont lancé un appel aux travailleurs et à la jeunesse de tous les pays : « Les gouvernements étrangers parlent de « droits humains » tandis qu’ils négocient avec les généraux, échangeant des poignées de mains et les légitimant avec des discours creux (...) Nous vous demandons d’agir :
Alors, il est de la responsabilité des dirigeants des organisations ouvrières, syndicats (CGT, FO, FSU, UNEF...) et partis (PS, PCF...) de convoquer effectivement, et dans les plus brefs délais, une manifestation massive devant l'ambassade d'Egypte à Paris sur les mots d'ordre :
Les militants du Groupe pour la construction du Parti Ouvrier Révolutionnaire, de l'Internationale Ouvrière Révolutionnaire interviennent dans ce sens.
Le 24 novembre 2011.
Le congrès de l’USD CGT 63 SANTE ACTION SOCIALE apporte son soutien au peuple Égyptien et s’adresse à la direction de la confédération :
Appelez à l’organisation d’une manifestation dans l’unité avec les autres confédérations à l’Ambassade d’Égypte sur le mot d’ordre :