Une semaine à peine après la répression perpétrée par le régime de Gaïd Salah à l’encontre des militants syndicaux le 1er-Mai, la hiérarchie militaire met à exécution les menaces proférées par Gaïd Salah et la hiérarchie militaire à maintes reprises, notamment dans l’éditorial du 8 mai de la revue El Djeich du Ministère des Armées. Dans un violent réquisitoire, l’armée s’en prend à tous ceux qui, sous une forme ou une autre, rejettent son processus de « transition » :
« Notre pays traverse une crise que certains parmi ceux qui ont vendu leur conscience, qui n’ont cure de l’intérêt supérieur du pays et qui vont même jusqu’à tramer des complots contre la patrie, voudraient voir perdurer en rejetant toutes les solutions disponibles et possibles à même de permettre à notre pays de surmonter cette épreuve, et donc, de couper la route aux aventuriers qui concoctent des plans et projettent de les exécuter à tous les échelons, dans le but d’entraîner le pays vers l’anarchie et le chaos. »Et d’ajouter : « En tout état de cause, les projets et les plans concoctés par cette poignée de comploteurs sont inéluctablement voués à l’échec, y compris celui visant à briser la cohésion entre le peuple et son armée ».
Le lendemain même, l’armée a procédé à l’arrestation de Louisa Hanoune, secrétaire du Parti des travailleurs, qui a été placée sous mandat de dépôt après avoir été auditionnée par un tribunal militaire ! Les masques tombent !
Ce que préfigure cette arrestation, c’est celle de l’ensemble des militants syndicaux, politiques, tous ceux qui se prononcent pour que le système dégage ; c’est à eux que l’armée et Gaïd Salah veulent s’en prendre. Ils s’apprêtent à engager l’affrontement en vue d’une répression massive du prolétariat et de la jeunesse. Tout comme Sissi en Égypte, GaÏd Salah veut réunir toutes les conditions pour en finir avec la mobilisation des masses, en premier lieu du prolétariat et de la jeunesse, par un coup d’état militaire. Un pas a été franchi dans la marche à la dictature !
Indépendamment des divergences politiques que nous avons avec Louisa Hanoune et le Parti des travailleurs, nous nous prononçons inconditionnellement pour sa libération immédiate, ainsi que pour celle de tous les militants politiques et syndicaux qui font l’objet de la répression !
Derrière l’arrestation de la secrétaire du Parti des travailleurs, c’est purement et simplement la liquidation des libertés démocratiques qui est dans le viseur (liberté de manifester, de s’exprimer, de s’organiser dans des syndicats et des partis), ainsi que la liquidation de toute opposition au régime militaro-policier.
Ce qui est en cause, c’est l’avenir même du mouvement pour en finir avec le régime déclenché le 22 février. Ce que recherche Gaïd Salah, c’est réunir les conditions de son écrasement sanglant.
Il n’y a qu’une façon de s’en prémunir : la grève générale pour paralyser l’appareil de répression, l’appel aux soldats pour qu’ils refusent d’obéir aux ordres de répression qui leur seraient donnés par la hiérarchie militaire.
Il faut imposer le Front uni de l’UGTA, de la CSA et des syndicats autonomes pour un appel à la grève générale ; que, tous ensemble, ils organisent la grève générale à travers des comités de grèves élus, centralisés dans le cadre d’un comité central de grève, avec les syndicats en son sein pour les contrôler.
Les militants regroupés autour de « Maghreb socialiste » n’ont pas d’autres intérêts que ceux des masses en lutte contre le régime. C’est pourquoi, ils combattent :
- pour la chute du régime, la satisfaction de toutes les revendications démocratiques, en particulier l’élection d’une Assemblée nationale souveraine ;
- pour la satisfaction des revendications ouvrières, ce que seule permettra la constitution d’un véritable gouvernement ouvrier en finissant avec la domination impérialiste, expropriant les grands groupes capitalistes, organisant la production en fonction du besoin des masses ;
- immédiatement, pour l’unité des rangs ouvriers, le front unique des organisations ouvrières ouvrant sur la constitution d’une centrale ouvrière unique indépendante de l’État et de la bourgeoisie, et démocratique ;
- pour la constitution d’un véritable parti ouvrier ;
- en l’absence de ce dernier, aujourd’hui, pour un gouvernement des organisations syndicales. Les travailleurs et jeunes qui partagent ces objectifs ou qui veulent en discuter sont invités à prendre contact : maghrebsocialiste@free.fr